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Ma mère aux pieds nus Ô mère aux pieds nus Penchée sous les oliviers charnus Coupant bosquets et ronces Ses cheveux tombant denses La vie lui a tourné le dos Sa sueur coule à flot De sa jeunesse envolée Elle guette une part, un tantinet * * * Crevasses, talons craquelés S’écartant par temps gelé Ses larmes de douleur Guère séchées, toujours en pleurs Sur son visage j’ai ouvert les yeux Telle la lune un soir ténébreux Arquée, bossue ou courbée Tête haute, jamais brisée * * * Ô mère, telle une chouette flétrie Faisant des arbres son abri Et quand la santé tire sa révérence Les amulettes sont sa jouvence Dans les sentiers du village Point de faim sur son visage Telle une gazelle blottie Choyant tendrement son petit * * * Regarder ma mère et mourir Mon cœur amer se déchire De misère, son dos arqué S’inclinant à mes côtés Aujourd’hui je la vois La vie renait en moi Quand le sommeil m’a enlacé De mille douceurs elle m’a bercé
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